Mon oncle, l'amiral - Dennis McNew

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Mon oncle, l'amiral

Mon oncle, l'amiral - Dennis McNew

J’avais vu un bateau en bouteille qui avait attiré mon œil pendant une vente de garage. Posé entre une tabatière en bois sculptée, et un service en porcelaine d’inspiration chinoise, la bouteille contenait un navire en bois aux voiles rouges. Je fis quelques recherches autour de moi. J’avais un oncle qui avait été amiral et qui avait voyagé sur des navires aux quatre coins du monde. Il m’avait aussi recommandé un très bon conseiller financier. J’envoyais une photographie du bateau en bouteille à mon oncle. Je reçus sa réponse quelques minutes après. Il aurait aimé le voir de plus près et il me demandait s’il pouvait passer chez moi. Nous n’habitons pas si loin l’un de l’autre. Dix minutes plus tard, il était là, malgré les trombes d’eau qui tombaient du ciel. Son manteau dégoulinait, mais il avait la tête sèche ; il avait pris un parapluie. Je le fis entrer au chaud et je lui préparais l’infusion de thym qu’il m’avait demandée. Nous nous sommes assis dans la cuisine et j’apportais le bateau en bouteille.

Je vis tout de suite l’intérêt que lui portait mon oncle. Il prit l’objet avec délicatesse, et avec une loupe qu’il avait apportée, il regarda avec attention chaque détail du bateau. Il me précisa que je pouvais remettre en état le navire. Ces objets étaient fabriqués par des marins qui prenaient pour modèle le vaisseau qui les employait. Ce passe-temps leur permettait de moins ressentir l’ennui pendant les longues traversées. Cet objet de marine était fabriqué avec de la colle de poisson, des ficelles, des clous et du bois. Tous ces matériaux étaient disponibles sur un bateau. Ce n’était pas très compliqué de fabriquer des bateaux bouteilles, sachant que la première étape consistait à vider la bouteille, qui était en verre soufflé le plus souvent. Quelques musées en gardent encore quelques-uns, mais il devient de plus en plus rare d’en acheter d’occasion à un particulier.

Le bouchon était agrémenté d’un cordage qui le maintenait si bien en place, que je ne pensais pas pouvoir l’ouvrir. Je le fis remarquer à mon oncle. Il m’assura que le bateau était en excellent état, et que je n’avais pas à intervenir dessus. Je lui offris de rester pour le souper. Nous n’avons parlé que de ce bateau bouteille toute la soirée. Au moment de partir, mon oncle fut étonné de me voir arriver avec un sac bien fermé. Bien sûr, je lui offris le bateau en bouteille, et il fut ravi.