Un simple contrôle de routine - Dennis McNew

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Un simple contrôle de routine

Un simple contrôle de routine - Dennis McNew

Se faire arrêter sur la voie publique par des policiers, cela n’avait pas de prix. Sans vouloir dire que le regard des autres m’indisposait, je dois avouer que la honte m’avait envahie. Un sentiment de malaise s’était installé, au point de ne pas savoir quoi leur répondre sur le moment. Il faut bien avouer que ce n’est pas tous les jours que cela m’arrive, et que la crainte que j’ai d’eux, est loin d’être un fantasme. Je n’ai rien à leur reprocher, au contraire, je trouve que c’est une valeur sûre pour la protection des citoyens et que sans eux, cela serait le chaos.

Cependant, la première chose qui me soit venue en tête, c’était le fameux « pourquoi moi ? Ais-je une tête de criminel ? ». Évidemment que ce n’est pas le cas, enfin, je l’espère. Sauf que, avec le recul, je me dis juste qu’ils ont fait leur travail. C’est important, mais épuisant mentalement pour celui ou celle qui vit cette situation spéciale.

Alors les papiers étaient en règle, pas de problème. Avais-je bu ? Non, bien sûr que non. Il était dix heures du matin à peine. C’est la seule question qui avait réussi à me faire esquisser un semblant de sourire. En même temps, elle est loin d’être anodine. La route que j’emprunte régulièrement est sur le chemin de plusieurs établissements scolaires où les enfants se rendent innocemment. C’était toutefois une interrogation quelque peu fantaisiste. D’un avis parfaitement personnel j’entends bien.

Ce qui m’avait le plus choqué, c’est que le policier et sa collègue, qui semblait avoir reçu une trop grosse dose de juvéderm, avaient inspecté mon auto de fond en comble. Peut-être étaient-ils à la recherche de quelqu’un, je ne saurais vous le dire. N’empêche que je n’en revenais toujours pas. Résultat des courses, tout s’était passé sans problème, mais avec la mission express d’aller faire changer mes pneus. Ceux-ci n’étaient vraisemblablement pas dans les normes et j’avais eu beaucoup de chance de ne pas sentir en sus, l’odeur d’une contravention.

Je ne sais pas si je dois les remercier. Ma panique avait sans doute dû les ramener à une certaine réalité, c’est-à-dire que j’étais une personne « lambda » qui ne demandait pas mieux que de vivre sereinement, en communauté. Je croise les doigts pour que ce soit la dernière fois que j’ai affaire à eux, tout simplement parce je ne montre pas forcément le meilleur de moi-même. Dieu merci, il n’y avait personne pour m’accompagner et pour constater ce manque poignant de courage. Promis, je ferai mieux la prochaine fois.