Un triste retour - Dennis McNew

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Un triste retour

Un triste retour - Dennis McNew

Je devais aller revoir ma mère après plusieurs années d’absence. Elle avait vendu l’ancienne maison, pour sauver la compagnie de mon frère. Celui-ci avait une nouvelle fois, fait faillite. Elle se retrouvait maintenant, dans un petit appartement insalubre à Laval. Quand je rentrais dans l’appartement pour la première fois, je me mis très vite en colère contre mon frère, pour avoir laissé notre mère livrée à elle-même, seule, dans un appartement aussi mal entretenu. J’appelais le propriétaire pour en savoir plus sur le fait qu’aucune rénovation obligatoire n’avaient été faites. Il me répondait sèchement au téléphone, que ma mère était en retard de huit mois de loyer, et qu’il avait eu du cœur de l’y laisser sans demander son expulsion. Je prenais rendez-vous avec lui pour payer les retards, et lui demander d’entamer les travaux au plus vite avant mon départ.

Le lendemain, tous les papiers peints avaient été arrachés pour en remettre des neufs. La plomberie et l’électricité avaient été révisées. Il restait le parquet à poncer, à réparer les fenêtres et deux portes. En fin d’après-midi, le propriétaire me rappela pour me suggérer de payer une partie des travaux, car cela lui était revenu un peu trop cher. Les dégâts étaient beaucoup plus profonds que l’on pouvait imaginer. Il devait changer une fenêtre et une porte. Je partais avec lui pour faire des achats dans un magasin de porte et fenetre Saint-eustache. Nous prenions ce qu’il y avait de plus basique, pour éviter le plus de frais. Le lendemain, j’emmenais ma mère faire quelques courses et quelques achats pour l’appartement. Elle me demanda par la suite de rester quelques jours, car elle se sentait très seule.

J’aimais beaucoup Montréal, mais je détestais Laval. Le jour de mon départ, j’avais juré de ne plus jamais y revenir. Ma mère avait insisté pour que je reste quelques jours. J’avais accepté, sans grande joie. En fait, elle attendait que mon frère vienne nous rejoindre pour nous réconcilier. Après avoir vu l’état dans lequel, il avait laissé notre mère, il n’en était sûrement pas question. Je quittais encore une fois Laval avec un goût amer dans la bouche, regrettant d’avoir fait le geste d’y retourner. Je n’y ai jamais eu aucun bon souvenir pendant mon enfance, et je savais qu’il serait impossible que cela change pour moi. Je laissais un peu d’argent à ma mère, en lui faisant promettre de le garder pour elle. Je repartais revoir ma famille, en remerciant le ciel de m’en avoir accordé une dans ma vie.